Lundi 19 janvier 2009 à 0:55

Les années passent et défilent devant nos yeux ébahis. Six ans plus tard. Un espace géant, épuré, blanc. Hier, tu es passé au magasin pour acheter enfin le youpala que je réclamais tant, et elle s'est jetée dessus plus vite qu'il n'était physiquement possible. La maison résonne sous le bruit des pas, des roues sur le parquet de bois clair. Ce matin je suis enfouie dans un fauteuil sous un tas de copies et de feuilles rougies sous le bruit de ma colère silencieuse. Tu es assis sur une chaise derrière ton bureau, et travailles sur l'ordinateur. la petite princesse arrive le rire jusqu'aux oreilles jusqu'à nous, et réveille la journée. Je la vois arriver alors vers toi, et tu te dégages des mots pour lui donner un bisou sur le nez. Après de longues minutes de rires et de petits pieds, la princesse en a marre et se dirige vers moi. Tout doucement, je la dégage du youpala pour la prendre sur mes genoux, et elle s'asseoit sagement, fait semblant de travailler aussi, de lire. Devant moi, il y a la table basse, et les cupcakes sur un compotier tout blanc. J'en prends alors un pour le lui donner, et en le mangeant, elle en met partout, partout autour d'elle, partout sur son petit visage tout doux. Tu viens nous voir et tu rigoles, parce qu'elle en a jusque sur le bout du nez, petits bouts de chocolat, sur le petit bout de douceur. Tu la prends dans tes bras pour aller la nettoyer, alors que je finis mes copies, et tu lui mords le bout du nez tout doucement pour enlever le chocolat. Ensuite, tu vas la coucher pour qu'elle fasse sa sieste, et tu lui racontes une histoire que tu as toi-même inventée, avec des princesses et des animaux, des châteaux tout rose et bleu, où les princes et les princesses jouent ensemble au football, sous leurs grandes robes de soie et de tulle, crampons aux pieds. Tu te couches un instant, avec elle dans tes bras, juste une seconde, juste un calin, et une heure plus tard, lorsque je viens jeter un coup d'oeil, tu es profondément endormi, elle sur ton torse, son petit nez dans ton cou. Alors je viens avec vous dans le tout petit lit, pour vous réveiller tout doucement, parce que c'est déjà l'heure de prendre le bain pour mademoiselle, et surtout parce que vous me manquez énormément lorsque vous n'êtes pas avec moi. Je vous inonde de bisous, toujours tout doucement, et mon bébé se réveille avant toi, et tend ses petits bras vers moi, et je la prends dans mes bras sans attendre pour un calin de sommeil. On te réveille toutes les deux, mais tu fais semblant de dormir. Moi je l'ai vu, mais pas elle, et elle grimpe sur le lit, se glisse sous ton bras pour arriver jusqu'à ton visage, et elle te chuchote doucement à l'oreille Réveille-toi papa, et d'un coup, tu la serres très fort contre toi, et elle est toute surprise, et elle se met à rigoler d'un rire si mignon, que je vous rejoins à nouveau pour un calin d'amour tous les trois. On s'en va prendre un bain, un bain tout plein de mousse qui sent très bon la fraise, et princesse souffle sur la mousse pour qu'elle s'en aille, et un morceau de la mousse s'en va sur ton front, et elle rigole encore, alors tu la prends dans tes bras pour lui faire un bisou d'esquimau. On la lave tous les deux avec un gant tout doux, et la petite douillette est toute chatouillée. Tu lui fais de tout petits bisous sur son tout petit ventre, avant de l'envelopper et de la frotter tout doucement dans une serviette trop grande pour elle, si grande que seule sa tête dépasse. Tu déplies une grande serviette pour nous deux alors que je mets à la petite princesse son pyjama tout blanc. Tu enfiles rapidement un gros survetement, je mets une robe blanche et des bottes bien chaudes. Il est bientôt l'heure de faire à manger.
Publié par as-deux-coeurs
Lundi 19 janvier 2009 à 0:53

Tu m'appelles pour que je rentre plus tôt aujourd'hui. Aller les chercher, à quatre heures et demi. A quatre heures je suis près de toi. Dans ta voiture pot de yaourt, petite fiat 500 blanche. On se retrouve devant l'école, main dans la main, alors que les petits monstres sortent en courant. Petites têtes blondes courent et enfoncent leur tête dans nos ventre, et jettent leurs cartables à terre avant de s'en aller en courant voir d'autres petites têtes et jouer. Quelques minutes, et on rentre tous ensemble. Dans la voiture, elles racontent leurs journées ponctuées de blanco, et de jolies écritures sur des cahiers lignés. Elles se ruent alors jusqu'à la porte, en attendant que j'arrive avec les clés. Tu fermes la voiture, et le temps que tu me rejoignes, la télé est déjà allumée, et les princesses sur le canapé, les yeux tout pétillants. Cahiers jonchés sur le sol, elles attendent presque religieusement que je leur prépare un goûter. Tu t'en vas discrètement vers la chambre. Un baiser sur leurs deux fronts avant ta fuite silencieuse. Je finis mes cupcakes au Nutella, elles en sentent l'odeur, et se précipitent enfin jusqu'à la table, toutes sages d'un coup, alors que j'amène les gâteaux. Je te rejoins toute curieuse, et te trouve dans la chambre d'Alice, un sac à la main, alors que tu rassembles quelques vêtements. Tu m'expliques alors la surprise et tandis que je retiens une larme (je suis toujours une pleureuse), je prends un autre sac pour nos affaires.
Demain matin.
La voiture démarre dans la rosée de l'aurore glacée. Les filles sont toutes étonnées, toutes réveillées, et posent des tonnes de questions auxquelles tu ne répondras pas. L'aéroport s'approche, ça sera leur première fois. Les filles s'envolent toutes excitées, sans bien comprendre, sans bien savoir vers où, vers quoi, et sans bien même demander alors que l'avion constitue la première et désormais principale attraction. Une navette nous amène alors jusqu'à la terre promise aux grandes oreilles, et les filles comprennent enfin. Sourires jusqu'aux oreilles, elles s'envolent jusqu'à nos bras dans un tourbillon de bisous, leurs nez congelés et rougis contre la chaleur de nos cous. On rentre enfin pour poser les sacs dans les chambres, et les murs roses du château paralysent les sens ahuris des princesses. On s'en va tous ensemble vers les contrées inconnues, et on traverse la rue magique des commerces colorés, ponctués de promesses, on reviendra, princesse, promis. Première contrée: vers l'infini et au-delà. Les filles prennent place, chacune avec l'un de nous, dans les machines vertes, et nous nous transformons en enfants aussi vite qu'elles le sont. Pistolets au poing, l'empereur Zurg s'en va sous les lasers menaçants balancés par les mains innocentes des petites têtes blondes. Les manèges s'enchaînent sous l'énergie débordante, bien que temporaire. Alors que le midi arrive, nouvelle galaxie, vers des palais orientaux, alors qu'Aladdin nous accueille dans la grotte de son restaurant. Les filles s'installent sur les bancs, prises entre les coussins, presque invisibles entre les tables. Mangent comme des oiseaux. Petits appétits veulent s'en aller vite vite pour retourner à la magie de Disney. La soirée arrive vite, mais moins vite que la fatigue, qui prend les deux oisillons à la poitrine et nous oblige à les porter sur les épaules. On s'en va vite au cinéma, mais le film a paru plus long aux filles qu'à nous, et les petits yeux fatigués se sont fermés doucement à mi chemin entre la capture de la princesse et la libération par la prince charmant. Armés de nos bébés, une dans mes bras, une dans les tiens, on rentre dans la nuit fraîche jusqu'à la chambre. La plus grande remue un peu et cache son visage dans ta nuque. La porte s'ouvre sans bruit, et les petits corps se réfugient sous les gros draps, toutes habillées. pays de toutes libertés enfantines, sans règle ni de non qui tienne, elles sendorment et la petite suce son pouce, couchée sur le coté, petit ange. Tu me prends dans tes bras, ouvres la deuxième porte pour rentrer dans notre chambre, et me pose sur le lit. Epuisée. Je tombe de sommeil, alors que je me déshabille, tu jettes un dernier coup d'oeil aux princesses et fermes la porte. Je suis couchée sur le ventre, les bras autour dun coussin doudou sous mes cheveux, et tu tapproches doucement pour te poser juste tout près de moi, juste au creux de toi. Doucement, je sens ta main sur mon dos, sous le tissu, sur ma peau. Sans hésitation, le tissu s'évapore alors que ton massage se fait plus insistant sur le dos désormais fatigué d'avoir porté les princesses toute la journée. Je ferme les yeux et m'abandonne à tes mains. Tu es doué, je me tais. Je m'endormirais presque, juste si tu me laissais. Alors que je sombre, tes mains glissent -comme toujours- sous mon dos qui gémit à présent. Sous le poids de tes mains toutes tièdes sur mes seins. Je grogne, tu plonges la tête dans mes cheveux. Je bouge, comme une enfant, et tu me tiens, et tu me retiens comme ça. Et alors que je sens le désir monter en toi, tu me retournes et colle ton torse nu contre le mien dans un baiser. Les draps se hissent sur nos deux corps enlacés, j'ai froid, tu me serres contre toi, tu me prends tout contre toi alors que tes doigts courent sur moi, jusqu'à l'infinité de mon éternité, et je me tords sous tes doigts, le sourire au bout des lèvres. Tu me regardes, le sourire bien clair, tu as gagné comme à chaque fois, et tu me dis que tu m'aimes alors que tu entres en moi. Infinité éternité, les mots se perdent sous le rapport passionnel de nos deux corps qui n'en font qu'un douce soirée sur disney, à la fenêtre les lumières du château s'éclairent alors que dans un souffle, tu m'étreins tout contre toi, tout contre moi.
Publié par as-deux-coeurs
Lundi 19 janvier 2009 à 0:51

Les coups partent, coups de fusils, coups de coeur sur mon corps, se battent et s'abattent, la fumée, dans tes yeux, dans mes yeux, des images devant mes yeux, comment vivre comment survivre, le monde est mort tout autour, les fleurs pleurent, les mots se taisent, les jolis mots s'en vont dans le vent, sur le marbre, sur le gris de ta peau, et le blanc de tes yeux, les faux mots courent et pleuvent dans mes oreilles, et je leur crache dessus, la violence des sentiments de celui qui est lésé, enlisé, cette vie, enchaînée, perdre ce poids qui me laisse clouée là, et m'empêche de bouger, de marcher, d'avancer, comme clouée sur un carreau bien trop carré, bien trop mathématique, au contour trop noir, et je suis dans tes bras, par peur de rester toute seule dans mon endroit. Des larmes, jour, nuit, et l'hypocrisie dans leurs yeux, et les larmes dans les autres, comment comprendre, et comment avancer. Les questions courent, pleuvent sur mes bras, et les courbatures m'usent. Les articulations se bloquent, et la graisse s'entasse, petit bidon tout près de moi, protéger ce que je peux protéger, entasser ce que je peux garder tout près. Mes cuisses se touchent, et mes yeux pleurent un peu trop fort ce soir. Parce que la vie est violente, et que j'y suis violentée, tous les jours, toutes ces nuits, toutes ces minutes où tu es loin de moi. Les mots se sont perdus loin de moi ce jour là où la vie s'est rompue devant mes bras.
JE NE PEUX PLUS ECRIRE.
Publié par as-deux-coeurs
